Rechercher sur le site Internet
avec


Membre du

Groupement Archéologique de Seine-et-Marne


Imprimer cette pageAjouter cette page dans vos favoris Faire de ce site votre page de démarrageEnvoyer un courriel

Nombre de visiteurs :

compteur

Liens :



Ce site est référencé sur

Visitez le site portail sur la Seine et Marne

COPYRIGHTS ET DROITS D'AUTEUR

Accueil / La SHCB raconte / Etienne Pasquier et la Ferlandière >>
Police d'écran normal Agrandir la police à l'écran

Modifiée le 18/02/2015

La ferme de la Ferlandière et Etienne Pasquier
un érudit du XVIe siècle (1529-1615)

<--- Retour

 

2 - Etienne Pasquier sa jeunesse, du jurisconsulte au député

 

Il naquit le 5 juin 1529 à Paris. Il grandit et fit ses études sous le règne de François 1er (1515-1547), le vainqueur de Marignan, dans une période que l’on appela Renaissance, à la fois riche par le développement des arts et des lettres, mais aussi chargée en évènements historiques qui troublèrent une grande partie du XVIe siècle.

Les guerres de Religion entre catholiques et protestants survenues après 1550, en furent un bel exemple et Etienne Pasquier, un témoin averti et un acteur intéressé.

Ses parents, dont il ne parle pas dans ses écrits, qui étaient sans doute briards d’origine, puisqu’on indique que le grand-père paternel aurait habité non loin d’Héricy, le destinent à suivre la carrière du barreau.

Il suivit ses études à l’Université de Paris, à partir de 1546, puis à Toulouse sous la houlette d’un de ses maîtres, Jacques Cujas, professeur de droit et jurisconsulte.

Il devint avocat et débuta au barreau de Paris en 1549, la deuxième année du règne d’Henri II.

A Paris, il lui fallut du temps et de la patience pour se faire une place et un nom au Palais, tant la concurrence était grande.

Mais Etienne Pasquier avait compris que le succès ne pouvait s’obtenir qu’à force de persévérance ; n’écrivait-il pas à l’un de ses enfants ce vieil adage : « petit à petit on exploite grand chemin ».

Après quelques affaires qu’il défendit avec talent, il commença à se faire connaître.

Il n’en était qu’au début de sa carrière mais il nourrissait de grandes ambitions.

En 1556, alors qu’il était encore célibataire, il écrivait dans une de ses correspondances qu’il revenait de la Brie où il venait de terminer son « mesnage [ménage] ». Ce qui laisse à penser qu’il était donc, déjà propriétaire de la Ferlandière à cette époque.

Ce jeune homme, qui savait profiter de la vie malgré ses grandes occupations, était un libertin très courtisé par de nombreuses demoiselles qui lui présentaient des dots toutes plus alléchantes les unes que les autres.

Cependant, il refusa tous les partis qui se présentèrent, « n’envisageant de prendre femme ». Mais en 1557, il défendit la cause et les intérêts d’une jeune veuve et gagna le procès.

Cette dame lui en fut tellement reconnaissante qu’elle lui proposa de l’épouser. Elle lui avait très « humblement » fait savoir « que les obligations qu'elle lui avait étaient telles qu'elle croyait ne les pouvoir mieux acquitter qu'en se donnant elle-même à lui et tous ses biens ensemble ».

Il succomba aux charmes, ou à la fortune, de cette jolie veuve.

Il épousa donc mademoiselle Belin de Montdomaine issue d’une riche famille d’Amboise.

De cette union naquirent 5 enfants dont nous parlerons plus tard.

Ce qui fit aussi et surtout, la renommée d’Etienne Pasquier dans toute la France et sa richesse, fut en 1564, le célèbre procès qu’il défendit au nom de l’Université de Paris, contre les jésuites et qu’il remporta grâce à une plaidoirie remarquable qui le porta au premier rang des avocats.

Son plaidoyer fut longtemps cité en exemple et traduit en plusieurs langues.

Dès lors, Etienne Pasquier, jurisconsulte, fut employé dans les procès les plus célèbres. Il plaida pour le compte de la famille de Lorraine en présence du Duc de Guise.

Il se montra aussi grand orateur devant le roi Charles IX et sa cour.

En 1579, il suivit la commission du parlement qui alla tenir les « Grands Jours » à Poitiers, puis à Troyes en 1583.

En 1585, il fut pourvu par Henri III, avocat général à la Chambre des Comptes. C’était une des plus hautes charges dans la magistrature.

Il devint député aux Etats Généraux en 1588 et se rendit à Blois pour siéger au parlement.

Il fut témoin de l’assassinat du Duc de Guise en cette même ville en décembre 1588. On pense que le roi Henri III en fut le principal instigateur, au grand désarroi d’Etienne Pasquier. Il considéra cet acte comme une grossière erreur qui allait être fatale à ce souverain quelques mois plus tard.

Il suivit ensuite Henri III à Tours où le roi avait dû s’exiler durant plusieurs années avec une partie du parlement qui lui était restée fidèle durant les troubles qui agitaient Paris.

En effet, les ligueurs avaient assiégé la capitale et régnaient en maîtres, semant la terreur.

Etienne Pasquier Jardin du Luxembourg. Paris
Etienne Pasquier Jardin du Luxembourg. Paris
(Dessin)

Durant cette période, l’épouse de Pasquier était courageusement restée à Paris pour protéger les biens de la famille.

Elle fut emprisonnée durant plus d’un an avec un de ses enfants, pour avoir refusé de payer aux ligueurs, une surtaxe qu’elle jugeait abusive.

Ayant réussi à s’échapper elle vint retrouver son mari à Tours. Elle mourut auprès de lui quelques mois plus tard, en octobre 1590, des conséquences de sa détention.

Par la suite, Etienne Pasquier assista à la réconciliation entre Henri III et le roi de Navarre, le futur Henri IV.

Le 22 mars 1594, Pasquier rentra à Paris avec le convoi d’Henri IV qui avait abjuré et s’était converti au catholicisme.

Il reprit aussitôt son rang d’avocat général en la Chambre des Comptes. Il y restera jusqu’à transmettre sa charge à son fils en 1604.

Pasquier eut droit à tous les honneurs jusqu’à sa mort, le 1er septembre en 1615 à Paris, à l’âge de 86 ans.

Lui qui naquit sous le règne de François 1er, termina sa vie sous celui de Louis XIII.

Il connut ainsi les heurs et malheurs de sept rois. Sa vie fut bien remplie.

 

Suite --->

 

 Retour en début de page