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Modifiée le 18/02/2015

La ferme de la Ferlandière et Etienne Pasquier
un érudit du XVIe siècle (1529-1615)

 

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5 - Etienne Pasquier avec ses enfants

 

En 1558, un an après son mariage, la naissance d’un fils, Théodore, le combla, très heureux d’avoir un « mâle ».

Comme nous l’avons signalé précédemment, Etienne Pasquier eut 5 enfants :

Théodore Pasquier, brillant avocat au début de sa carrière, devint avocat général, charge léguée par son père en 1602. Le fils aîné fut le seul des enfants d’Etienne à conserver le nom de Pasquier.
Ce dernier, eut 4 enfants d’une première union avec Geneviève Mangot, dont l’aîné, Etienne, né le 20 août 1587, écuyer, gentilhomme ordinaire de la reine mère, fut lui aussi seigneur de la Ferlandière après son oncle Pierre. Il mourut en 1622

Nicolas Pasquier, le second fils d’Etienne, seigneur de Mainxe, fut maître des requêtes , avocat du roi. Il entretint une correspondance assidue avec son père et prit la défense de celui-ci après sa mort quand il fut attaqué par des jésuites revanchards. Il publia lui aussi sa correspondance.
Quant à Pierre, le troisième de ses fils, écuyer du roi, il reçut en héritage, tous les biens de son père situés dans la Brie, notamment, la ferme de la Ferlandière à l’occasion de son mariage avec Jacqueline de Chaulmont en 1602.
Il devint par la suite seigneur de la Ferlandière et habita régulièrement cette demeure à laquelle, comme son père, il était très attaché.
Il fut souvent choisi par les familles, comme parrain, si l’on en croit les registres paroissiaux de la commune du Châtelet, et ce, avant même d’être seigneur de la Ferlandière.
Il y est qualifié « noble homme Pierre Pasquier, écuyer, sieur de la Ferlandière » dans un acte daté du 23 octobre 1599.

Pierre Pasquier, servit d’abord à Calais en tant qu’écuyer du roi, et peu après reçut de ce dernier, une compagnie au régiment de Champagne. Ce fut un officier plein de bravoure. Il combattit courageusement dans l’armée d’Henri IV au siège de Paris et à l’attaque de la Bastille en 1594.
En 1596, Pierre de la Ferlandière était capitaine d’une compagnie de gens de pieds à Melun.
Son père envisageait de venir vivre avec lui, au Châtelet, à la belle saison, mais Pierre, qui avait combattu sur les champs de bataille en prenant de gros risques, mourut brutalement de maladie en octobre 1604.

Gui Pasquier, le quatrième des enfants d’Etienne, fut auditeur aux comptes en la chambre de Paris. Puis quand il fut blessé par balle à une jambe, il devint échevin. On le nommait M. de Bussy.
Il eut à son tour 8 enfants, dont Estienne Pasquier, encore un, sieur de la Ferlandière, mort carme déchaussé.

Jean Pasquier, le plus jeune des enfants d’Etienne, seigneur de la Miraudière, appartenait à l’armée du roi. Il fut tué en combattant contre les ligueurs en mai 1589 à Meung-sur-Loire.
Etienne Pasquier était fier de rappeler à ses fils cette belle mort et la présentait comme une gloire de sa famille.

 

Ses enfants lui demandaient souvent conseil, et ses avis étaient très écoutés.

Ce fut le cas lorsque ses enfants choisirent de devenir magistrats ou de prendre le parti des armes : il leur indiqua les qualités dont il fallait se parer. Il leur apprit à ne jamais manquer à leur devoir.

Un de ses poèmes fait l’éloge de ces deux manières de servir l’Etat.

Celui vraiment savait bien la manière…
Celui vraiment savait la manière
Comme il allait de l’un à l’autre état,
Quand, comparant l’avocat au soldat,
Les fit loger dessous même bannière.
L’un va bravant d’une lance guerrière
L’autre bragard, de sa langue s’ébat,
Tous deux vaillants, l’un de ces deux combat
En un barreau, et l’autre à la barrière.
Tous deux hardis, combattent pour l’honneur,
En combattant il faut, il faut que le bonheur
Soit joint avecques la prudence.
D’un point, sans plus, le soldat est jaloux,
Pour ne gagner au combat que ses coups
Et l’avocat de l’or en abondance.

Etienne Pasquier

Il conseilla son fils Nicolas quand celui-ci eut à choisir le meilleur parti pour sa fille de 20 ans.

Pasquier eut toujours l’art de conserver sur ses enfants une autorité garantie par leur affection. Il croyait en effet, se faire toujours mieux obéir en se faisant aimer.

Il nous dit qu’à son avis, « il n’y a rien de plus sot et de plus pitoyable que l'orgueil de ces gentilshommes, nombreux alors, qui pensaient avoir fait tort à leur noblesse s'ils n'étaient appelés par leurs enfants monsieur, au lieu de ce doux nom de père » L'indulgence était à ses yeux l'un des premiers devoirs des parents.

Tolérant et ouvert, il était très moderne et avant-gardiste dans sa manière d’éduquer.

 

En conclusion

 

L’avocat général, Etienne Pasquier considéré comme un homme intègre, passa sa vie à servir l’Etat. Il resta fidèle aux rois jusqu’au bout. Il paya un lourd tribut, avec la mort de sa femme et d’un de ses enfants. Il fut un homme estimé, respecté et honoré.

Aujourd’hui encore, on peut voir une statue du jurisconsulte qui fut dressée sur la façade principale de l’Hôtel de Ville de Paris, à droite de la grande horloge, à la fin du XIXe siècle, avec 105 autres personnalités reconnues pour les services rendus au pays et à la capitale.

 

Statue d'Étienne Pasquier sur la façade de l’Hôtel de Ville, Paris
Statue sur la façade de l’Hôtel de Ville, Paris
(Collection SHCB)

 

Une autre statue se trouve au jardin du Luxembourg. A l’intérieur du jardin clos de grilles de la présidence du Sénat. Cette sculpture de marbre est l’œuvre de Denis Foyatier en 1825.

 

Statue d'Etienne Pasquier au jardin du Luxembourg Paris
Etienne Pasquier au jardin du Luxembourg Paris
sculpture de Denis Foyatier 1825 (Collection SHCB)

 

BIBLIOGRAHIE

  • Léon Feugère : œuvres choisies d’Etienne Pasquier accompagnées de notes sur sa vie et sur ses ouvrages. 1849.
  • Les lettres de Pasquier extraites de l’Edition publiée à Amsterdam en 1723.
 
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