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Modifiée le 18/02/2015

HISTOIRES DE POSTES
vues du Châtelet-en-Brie

 

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LA POSTE AUX LETTRES

 

A partir de 1603, quand les courriers, sont officiellement chargés à la fois de la correspondance officielle et de celle des particuliers, le service de Poste va s’ouvrir au plus grand nombre.

En 1627, une évolution importante est marquée par le fait que l’on impose à tous, un tarif de ville à ville.

Mais c’est surtout la multiplication des bureaux qui permet de dire que la Poste aux lettres est devenue un véritable service public.

Ainsi, en 1576, on trouve un seul bureau à Paris, en 1627, il y en a 25 dans tout le royaume.

Mais la poste n’est vraiment au service de tous que 200 ans plus tard, quand «la couverture postale» de la France est devenue totale.

Au châtelet…

Malgré son importance administrative, par sa prévôté royale, et économique, par sa situation sur l’ancienne route de Bourgogne, on ne trouve aucune trace de Poste aux lettres avant 1693.

Le bureau figure au tarif de décembre 1703 et, en 1715-1720, le traitement du directeur est de 20 livres par an, 16 livres lui étant de plus allouées pour frais de régie.

On note  le 17 juin 1738, le mariage de Philbert Granin, âgé de 58 ans, tailleur, hôtelier et directeur des postes au Châtelet-en-Brie, avec Marie-Louise Dubuisson, 39 ans, couturière à Champeaux.

Cela nous laisse entrevoir qu’à cette époque une personne pouvait occuper plusieurs emplois.

Le bureau de notre village est au début du XVIIIe siècle l’un des plus petits de Seine-et- Marne.

En 1790, la révolution française réorganise les Postes et Messageries. Elle met fin à la Fermes des postes .

C’est la naissance de la Poste comme administration d’Etat, car dès 1801, l’Etat obtient le monopole de la distribution des lettres..

A la même époque, en 1792, c’est grâce à l’officialisation du classement de la voie qui traverse Le Châtelet-en-Brie en route de poste, que notre bureau connut une véritable activité.

On raconte que le 30 novembre 1792, lors de l’élection des directeurs des bureaux de postes,

on vante les bons et loyaux services du citoyen Benoist qui s’est acquitté de ses fonctions avec probité, mais on regrette que l’emplacement de son bureau ne soit nullement favorable aux citoyens qui sont obligés de correspondre avec lui. C’est donc le citoyen Mercier qui est élu directeur, avec 48 suffrages, Benoist n’en recueille que 22.

Les compliments adressés au citoyen Benoist et sa non réélection, nous permettent de penser qu’à l’époque le bureau était sans doute situé au domicile du directeur.

«Mercier a prêté serment le 30 novembre 1792, mais il est destitué fin octobre 1802 (le 7 brumaire de l’an II), car il a été convaincu d’infidélité dans l’exercice de ses fonctions…» (AD 77-L 177).

Le citoyen Fricot lui succède en novembre, pour démissionner un an plus tard.

Durant toute la première moitié du XIXe siècle le bureau sera tenu par des femmes. Ceci permet de dire qu’il était un bureau de poste «simple», car un bureau «composé» ne peut-être tenu que par un directeur assisté de plusieurs employés.

Le sieur Fricot sera remplacé par Mme Rondeau en 1803. Elle tiendra le poste durant 25 ans, et en mai 1828 elle est nommée à Montereau. Mme Rondeau, était-elle parente, peut-être l’épouse, du citoyen Rondeau fils, maître du relais de poste aux chevaux à la même époque? La poste une histoire de famille?

C’est Mme Hubout, venant de Lagny qui la remplacera. Mme Hubout qui avait été révoquée trois ans auparavant, on peut supposer que sa nomination est un déclassement.

En juin 1832, Mme Mérillot sera désignée et restera jusqu’en 1848, époque à laquelle Mme Lebedel prend le poste.

Jusqu’en 1846 le bureau du Châtelet sera le seul du canton. Mais à partir de cette date les bureaux de Sivry et de Valence sont ouverts.

On peut noter d’autres directrices des postes durant toute la deuxième moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle.

Citons: en 1862 Mlle Castenet, en 1863, Mlle Chevry occupe le poste. En 1879 Mme Pellet est nommée à la télégraphie; c’est la date à laquelle la IIIe République réunit sous la même direction l’administration des Postes et de la Télégraphie. Le ministère des P et T est créé en 1880, (celui des Postes Télégraphes Téléphones, PTT, le sera en 1925).

Entre 1891 et 1914, Mlle Sarazin (1891), Mlle Simas (1902) et Mme Bugniot (1914) vont se succéder à la direction du bureau du Châtelet-en-Brie.

Le 21 juillet 1914 précisément, une demande originale est faite par quelques entrepreneurs, agriculteurs ou négociants du village, à monsieur le maire. Il a été convenu et arrêté que le bureau de poste serait ouvert de midi à 2 heures et le soir de 7 heures à 9 heures, moyennant le versement d’une taxe, variant de 10 à 40 francs, payée au receveur ( voir document ci-dessous).

 

 

Arrêté du 21 juillet 1914.
(Archives communales).

L’histoire ne nous dit pas si cette convention a été appliquée car la guerre éclatera quinze jours plus tard, le 3 août 1914. On peut imaginer que des préoccupations plus urgentes ont dû intéresser nos compatriotes.

Tout au long du XXe siècle le bureau sera installé à différents endroits sur la route  allant de Melun à Montereau.

De 1930 à 1934, elle ouvrira ses portes successivement, au 42, puis au 23, de l’actuelle rue du 26 août 1944.

 
 
Bureau de poste vers 1932 au 23 rue du 26 août  1944
De gauche à droite: Mme Lina ROBE et Mme Renée PAILLARD.
(Collection SHCB).
Bureau de poste actuel avant rénovation
(Collection SHCB).

En 1935 enfin, on construit le bureau de poste actuel.

Mais durant des décennies, telle l’arlésienne, on n’a eu de cesse d’évoquer la construction d’une nouvelle poste. Le conseil municipal de décembre 1981 évoque encore la cession d’un terrain à l’état pour le futur  hôtel des Postes. Ce nouveau bâtiment n’a jamais vu le jour.

En 2009, notre Poste, devenue Banque Postale, a été rénovée; elle est toujours située 20 rue du 26 août 1944.

Le facteur

 
Le facteur rural Saül Lefort partant en tournée sur la route des Ecrennes
Carte postale exp édiée le 22 mars 1910
(Collection SHCB).

 

A partir de 1830, il y a deux types de facteurs: le facteur de ville qui existait déjà, et le facteur rural, chargé de collecter et de distribuer les correspondances dans les communes dépourvues de poste. Ceci avait comme objectif de lutter contre l’isolement de la population des campagnes.

On procèdera aussi à l’installation de boîtes aux lettres pour la collecte.

Boîte aux lettres au XIXe siècle
(Collection SHCB).

Un facteur distribuait le courrier à pied, et pouvait effectuer quotidiennement entre 20 et 30 kms.

Il marchait tous les jours de la semaine par tous les temps et même le dimanche. Il était très attendu car il se chargeait aussi d’apporter du village, marchandises et médicaments.

C’est ainsi qu’en 1853, un facteur rural part du Châtelet-en-Brie, va jusqu’à Blandy-les-Tours en passant par tous les hameaux et revient dans l’après-midi.

On trouve une pétition de la population de ce village pour se plaindre du tort que cause la distribution tardive du courrier dans la journée.

En effet, le journal ou le courrier parti la veille de Paris, ne sont distribués que vers «2 heures du soir» à Blandy, et, celui relevé dans cette commune à la même heure ne repart du Châtelet que le lendemain.

 

 

Pétition de la population de Blandy-les-Tours 1853
(Archives Départementales 77 cote 227 E 547).

Ceci pénalise tout le monde. C’est ainsi que des plaintes s’élèvent pour protester et une pétition est adressée au préfet et à l’administration des postes pour que les distributions soient faites le matin vers 8 ou 9 heures.

On ne sait si ces revendications ont abouti, mais dès la fin du XIXe siècle la tâche du facteur  rural a été facilitée par l’utilisation du vélo.

Nous avons un exemple iconographique ci-dessus, avec Saül Lefort, facteur rural ayant exercé à la fin du XIXe et au début du siècle dernier.

Nous le voyons avançant allègrement à la sortie du Châtelet, grimpant la côte en direction des Ecrennes, poussant son vélo bien chargé de colis.

Il est vêtu d’une «biaude» bleue, genre de grande blouse de toile, à col rouge; il est coiffé d’une casquette à cocarde tricolore et liseré rouge. Il porte une sacoche de cuir en bandoulière agrémentée d’un médaillon des postes.

Saül Lefort est né le 14 avril 1876 à Fleury-en-Bière; décédé en avril 1949, il est enterré au cimetière du Châtelet.

 
Mme Henri
Factrice au Châtelet-en-Brie vers 1954
(Collection SHCB).

 

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